A la recherche du contraceptif parfait

17:24

Hier, je vous partageais en story mon indécision constante en matière de contraception. Je pensais vous faire sourire vite fait et puis c'est tout. Sauf que voilà, vous avez été des dizaines à m'envoyer des MP me partageant également vos doutes, vos interrogations et me demandant vers quoi s'était porté mon choix final (si choix final il y a). 

A la recherche du contraceptif parfait


Comme beaucoup d'entre vous, j'ai fait partie de la génération pilule. Sous Diane 35 dès mes 16 ans, c'était la révélation! Adieu les petits boutons d'acné, bonjour jolie plaquette qu'il suffisait de prendre coup sur coup durant les vacances pour ne pas avoir ses règles au bord de la plage. Pas de problème de santé associé donc banco. Et puis, 10 ans plus tard je récoltais ce que Diane avait semé, un corps vide de toute sensation, envie. Platitude complet. J'ai tenté d'autres pilules moins dosée c'était la cata : sautes d'humeur, retour de l'acné, humeur chafouine en continu. Alors, après mon mariage j'ai décidé de tout arrêter (le mariage en raison de la robe blanche toussa toussa). J'avais envie de retrouver un corps sans hormone, de lui permettre de reprendre du service. Ça a été long. Très long. Mes cycles ont toujours été réguliers ce n'était pas le problème mais l'absence de sensation, et l'humeur qui change au jour pile en fonction de mon cycle me rendaient dingue. Au bout d'un an sans pilule je me suis retrouvée progressivement. Quelle liberté. On se redécouvre. Comme je savais qu'un projet bébé allait éventuellement être envisagé dans les années à venir je n'ai pas souhaité reprendre de contraceptif d'ici là.

Après l'accouchement, la gynéco de la maternité m'a prescrit mécaniquement la pilule microdosée compatible avec l’allaitement. La crainte de ces professionnels? Les bébés retours de couche alors que le corps de la mère n'a pas pu récupérer de sa précédente grossesse. J'ai regardé les tablettes de petits cachets et j'ai fourré la boite au fond du placard. Non vraiment je ne retournerai pas en arrière. 9 mois plus tard, j'aimerais reprendre un contraceptif. J'ai envie de profiter de Léon encore quelques années pour l'instant, je n'ai pas envie de laisser une probabilité de seconde grossesse. Alors me voilà à parcours internet en long en large et en travers.

J'ai d'abord pris le temps de lire les informations disponibles sur https://www.choisirsacontraception.fr .  Le site est très bien fait et vous disposez notamment d'un grand tableau comparatif avec tous les modes de contraception, leur taux d'efficacité, leur durée etc. Pour chaque moyen de contraception vous pouvez y retrouver son descriptif, mode d'emploi, avantages, inconvénients. 

Ce que je recherchais? Un moyen de contraception sans hormone, pratique et efficace.

Cela élimine donc les pilules, l'anneau et le stérilet hormonal. Mais également le diaphragme pour la nécessité de l’installer juste avant le rapport et l'abstinence périodique pour, comment vous dire?... Son inefficacité sur le long terme? ^^ Combien de vos amies sont tombées enceintes en vous disant : mais pourtant on faisait attention! Donc prise de température et suivi du cycle pour moi c'est Ok si l'éventualité d'un bébé ne pose pas de problème mais pour moi là maintenant, cela ne me convient pas.

Reste quoi? Le stérilet en cuivre et la stérilisation. Voilà voilà.

Me voilà donc décidée : ce sera le stérilet en cuivre! J'appelle le cabinet de ma gynécologue pour prendre rdv pour la pose du dit stérilet. La secrétaire m'informe qu'il me faut être reçue en examen avant de programmer la pose. Il me reste donc 3 semaines à gamberger. J'en profite pour en discuter avec des amies. "Le stérilet en cuivre?! L'horreur. J'avais mes règles pendant 8 jours je saignais encore un peu pendant 1 semaine et je saignais un peu avant mes règles durant 3-4 jours. Il me restait une semaine sans saigner, génial. Sans parler de la fatigue". " Le cuivre? J'ai été anémiée pendant 6 mois avant de me décider à l'enlever". "Nan mais les douleurs! et le sang en hémorragies". Voilà voila. Puis, j'ai commencé à avoir des écho sur les stérilets hormonaux. Diffusion locale et moindre que la pilule, sensation de mieux être des amies qui avaient switchées. J'étais convaincue ou presque.

Je suis ensuite allée sur internet et je suis tombée sur les retours concernant les porteuses du stérilet hormonal Mireva. Autant vous dire que c'est assez effrayant. Les effets indésirables seraient non seulement nombreux mais surtout très fréquents : troubles de l'humeur, dépression, chute cataclysmique de la libido, migraines à gogo. La progestérone est bien là et se fait sentir. Mouais... Changement d'avis : je retourne sur le cuivre!

Lors de mon RDV avec ma gynécologue nous avons pris le temps de parler des différents stérilets existants. Celui en cuivre et 3 types de stérilets hormonaux. Tiens, je découvre qu'il existe une nouvelle génération de stérilets micro dosés qui se nomme : Kyleena . Il existe en deux versions plus ou moins grandes selon que vous ayez déjà eu un enfant ou non. Nous en parlons longuement. Il est 2x moins dosé que le Mirena, la version post 1er enfant tient 5 ans avant de devoir être changée, la version nullipare 3 ans. Il serait bien toléré. Les inconvénients sont les spotting et petits saignements intempestifs qui ont lieu durant les 3 premiers mois qui suivent la pause. Pas d'arrêt des règles contrairement au Mirena mais elles ont tendance à être moins importantes tout de même. Aucune plainte des patientes ayant choisi ce système de contraception. Cela me semblait être le bon compromis. Des hormones mais vraiment peu, un contraceptif efficace, pas besoin de le changer tous les ans et pas de saignement hémorragique.
Je sors donc contente de mon choix ma prescription à la main. RDV à prendre le mois prochain puisque la pose se fait dans les 8 jours suivant le début des règles. Banco!

Et puis... Comme je n'avais jamais entendu parler du Kyleena et que je ne savais même pas qu'il existait plusieurs stérilets hormonaux, je me suis quand même dit qu'un petit tour sur internet ne ferait pas de mal. Je pense que vous devinez la suite.  C'est pas joli joli. Alors on est bien d’accord, je suis tout à fait consciente qu'on n'écrit pas de post sur les forum quand tout va bien. Forcément les propos recueillis sont plus négatifs que positifs. Mais reviennent en tête : des saignements continus pendant plusieurs mois en petite quantité, une chute de la libido, un acné qui flambe, des contractions utérines douloureuses, des maux de tête, des douleurs au seins. Bref, exactement tous les effets indésirables associés habituellement aux hormones synthétiques qu'elles soient prises sous forme de pilules ou à diffusion continue.

Là, je regarde ma prescription droit dans les yeux et je n'ai qu'une envie c'est de la brûler. On en revient toujours à la même problématique : je ne veux plus d'hormone même faiblement dosée. Je sais bien qu'il est possible que je ne déclare aucun des effets indésirables mais après près de 3 ans sans hormone je me rends compte que je ne suis pas prête à faire marche arrière.

Ma décision est donc prise ( enfin en ce jour du 14 juin 2019 à 12h) : ce sera le stérilet en cuivre. Après tout, il est souvent dit que les saignements +++ se produisent chez les femmes qui passent d'une traitement hormonal à un contraceptif sans hormone. C'est à dire que vous passez de "fausses" règles induites par la pilule à de vraies règles liées à votre cycle et majorées par l’inflammation créée par le stérilet. Le stérilet en cuivre a en effet un fonctionnement complètement mécanique. Le cuivre en lui même tue les spermatozoïde (YATAAAA!) et le stérilet entraîne une réaction inflammatoire de l’endomètre qui empêche la nidation. D'après ma gynécologue, chaque femme réagit différemment en fonction de son utérus ( normal). Donc il faut s'attendre à un allongement de la période des règles habituelles de 1 ou 2 jours et au fait qu'il y ait 2 jours avec des saignements particulièrement abondants. Pour les femmes qui ont été longtemps sous pilules et qui ont vu les symptômes associés aux règles diminuer par le traitement hormonal ( crampes notamment), les douleurs peuvent vous paraître beaucoup plus importantes qu'habituellement mais pour celles qui ont un cycle naturel vraisemblablement ça ne changerait pas grand chose.

Bref, je dirai que le mieux c'est encore de tester. Et... de ne pas se précipiter. Je vais attendre de laisser passer l'été avant de passer le cap et je reviendrai par ici partager mon expérience.

Il n'y a pas de contraceptif parfait, cela se saurait. Il y a celui dont la balance avantages/inconvénients convient le mieux à notre mode de vie et notre état de santé personnel. Le contraceptif de l'une ne peut être le contraceptif de l'autre. 

Le mieux est encore de prendre le temps d'en parler avec un professionnel de santé : gynécologue, sage femmes. Que cela soit en libéral ou auprès du planning familial de son secteur.

Il ne me reste plus qu'à rappeler le cabinet pour demander un changement d'ordonnance et... ne pas changer d'avis d'ici septembre 😄

Choisir son contraceptif ce n'est pas rien. Il y a trop d'incidence sur notre bien-être quotidien, nos sensations, notre santé. Actuellement, quasiment tous les contraceptifs sont en direction des femmes. Reste le préservatif masculin, la pilule et la vasectomie. De leur côté non plus ce n'est pas le rêve. Mais je pense que c'est important d'en parler ensemble, d'être épaulée dans ce choix. Ça ne doit pas être un sujet tabou bien que personnel. Alors je place là mon petit partage d'expérience en me disant qu'il fera sûrement écho à des lectrices ou qu'il permettra à des hommes de comprendre par quelles interrogations nous pouvons passer ;)

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2 commentaires

  1. Tu veux que je te dise ? Je suis team cuivre aussi, et tout va TRES bien !! Cette lutte pour le bon contraceptif me choque toujours... On est toutes concernées et pourtant on dirait qu'il n'existe pas de super solution...

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    1. Vous êtes nombreuses à m'avoir partagé votre expérience positive du stérilet en cuivre alors un grand merci! Vous me confortez vraiment dans mon choix. je partage complètement ton avis concernant ce casse-tête que peut être le choix du bon contraceptif, celui qui convient à nos besoins et nos envies. On est tout de même plus de 50% de la population à être concernée un jour à cette question et pourtant on peut se sentir tellement seule parfois.

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