Etre ou devenir photographe

18:30





Quelle reprise ou plutôt quel démarrage de folie! Les séances photos s'enchainent comme les belles rencontres. Je commence doucement à remplir le dernier trimestre de l'année de jolis évènements, séances engagement, cocktail de babyshower, de douces naissances à venir... 

Si on m'avait dit il y a un an que je vivrais ça je ne vous aurais pas cru! J'ai longtemps pensé que devenir photographe n'était pas pour moi. Je me cachais derrière un statut de "modèle" que je n'ai finalement jamais vraiment assumé. Je dis souvent que je faisais de la photographie par procuration en posant pour des photographes. Ces rencontres m'ont énormément appris et m'ont permis de prendre confiance en moi. 

Je pensais qu'il fallait avoir un don, que les autres avaient du talent, de la technique, tout un tas de choses que je n'avais pas selon moi. J'avais des envies, j'avais des idées, je savais ce que j'aurais eu envie de faire mais pas comment les réaliser. Alors j'en concluais que je n'étais pas faite pour ça. J'ai mis du temps à passer le pas de "faire", tout simplement faire. Parce que devenir photographe est un chemin, un parcours qui ne peut se faire qu'en réalisant des photographies, en essayant, en comprenant, en réajustant. 

Je suis restée trop longtemps assise à observer les autres faire en me disant qu'eux avaient du talent. Et moi? Pas assez de confiance en moi pour assumer les résultats du début. Les photos floues, les surexposées, les fades, les ratées. J'avais tellement peur de devoir les assumer. Je voulais qu'au 1er essai tout soit parfait parce que sinon ça voudrait surement dire encore une fois que je n'avais pas ce qu'il faut. 

Les autoportraits ont été la clé pour moi. J'ai commencé à faire des photographies de moi pour moi. Pas d'attente de la personne que je photographiais, pas de risque. Je faisais des séances d'1h d'autoportrait et j'apprenais : la lumière, le cadrage, l'effet de la vitesse, de l'ouverture. J'apprenais le cadrage et puis la post production. En parallèle, toutes les occasions familiales étaient bonnes pour m'exercer. Les scènes de vie de famille sont devenues mes préférées. Saisir les éclats de rire, les regards complices, les détails. J'adorais pouvoir les envoyer ensuite à mon entourage comme un cadeau que je pouvais leur faire." Regardez comme vous êtes beaux, regardez comme vous rayonnez". C'est ce que je leur transmettais avec ces photographies.

Quand une amie d'une amie m'a demandé de faire le reportage de son mariage à venir j'ai commencé à dire non, non, non. Impossible. Jamais je n'en serai capable. Le reportage de mariage est un exercice difficile. Une présence de 9h ici, une attention constante, du portrait, des détails, des photographies de groupes, des instants à capturer, des lumières difficiles, des conditions parfois compliquées. Anne a insisté, elle voulait des photographies dans le même esprit que mes photographies de famille. Elle me montrait mes propre photos en me disant " C'est ça que je veux pour mon mariage". C'est la 1ere fois que j'ai pris conscience qu'on pouvait avoir envie que mon œil soit au service d'une autre histoire que la mienne. Durant toute l'année qui a précédé le mariage j'ai stressé, et je continuais à m'entrainer. En une année, j'ai plus évolué au niveau photographique qu'en 5 ou 6 ans. J'avais enfin passé le cap de faire, j'étais dans le bain, le mariage à venir me donnait le coup de pied aux fesses dont j'avais besoin pour me lancer et tout simplement me mettre au travail, arrêter d'être spectatrice. 

Le jour du mariage, je ne crois pas que mon sourire se soit mis en pause plus de 5min. C'était intense, c'était stressant, j'ai failli ne jamais réussir à me garer pour aller à la Mairie, j'ai appelé mon chéri dans la voiture en disant " Mais pourquoi,  pourquoi j'ai accepté?! La prochaine fois tu me dis de dire non! J'y arriverais jamais je ne suis même pas capable de me garer!!" Et puis finalement, la journée s'est très bien déroulée. J'ai adoré accompagner les mariés tout au long, la joie de leurs proches, leurs larmes, les bulles de joie. Je suis rentrée le soir exténuée, courbaturée mais les maxillaires douloureux tellement j'avais souri. La remise de leurs photographies était gratifiante, j'étais fière de ce que j'avais réalisé pour une première.

Et puis voilà, c'était parti! Un second mariage 2 mois plus tard et puis les premières séances maternité sont arrivées. J'ai commencé en étant assez stressée mais créer du lien est une de mes compétences alors je l'ai mise au service de la photographie. Là encore je ressortais des séances avec le sourire. A chaque fois, je prends note de ce qui a été et de ce qui peut être amélioré. Chaque séance photo me fait avancer, m'aide à affirmer ce que je veux faire, me permet d'expérimenter. J'apprends chaque jour et j'adore ça. Mon objectif est de faire des séances photos un vrai moment de vie pour les personnes. Pas un moment subi, mais une petite bulle, un beau souvenir.

Clementine miano photographie
www.clementinemiano.com


Cet apprentissage se fait en réalisant des séances mais aussi en me formant. La plateforme Empara est une vraie mine d'or. La qualité des formations est au rendez-vous et j'apprends énormément. sur la technique photographique,j sur la démarche artistique, sur l’organisation du temps, de l'entreprise, l'aspect juridique...

Et enfin, j'ai su m'entourer. Des photographes avec lesquels je faisais des séances lorsque j'étais modèle. Et je crois bien que cette entraide est la plus précieuse.

Si je vous raconte tout cela c'est pour vous dire que la clé pour devenir ce que vous souhaitez est dans le FAIRE. Que le parcours et les essais feront ce que vous deviendrez. Ne restez pas spectateur. Admirez les autres c'est bien mais si c'est pour vous dire que cela ne sert à rien de commencer car il y a tellement de gens talentueux alors fermez votre ordi et votre tel et commencer par FAIRE. Les réseaux sociaux ont cette facheuse tendance à donner l'impression qu'il faut tout partager, et que les choses ne valent pas le coup d'être faites si les résultats ne seront pas " partageables". C'est faux.  Chaque essai est gratifiant. Plutôt que vos envies et vos inspirations tournent en boucle dans votre tête et vous laissent à la fin un goût amer, mettez-vous en mouvement. Mon article sur la technique des petits pas l'aborde déjà. La mise en mouvement est cruciale. Ne laissez pas votre manque de confiance être un frein à vos réalisations. Osez et c'est comme ça que vous apprendrez et que vous cheminerez vers ce qui vous fait tant envie.

Si je reviens à la photographie. Bien sûre qu'il y a des génies, des talents nés. Mais parmi ces photographes que j'admire , il y a surtout énormément de travail. Peu d'entre eux se sont réveillés un matin avec un talent inné pour la photographie. C'est parce qu'ils ont passé des années à travailler, à faire des séances photos, à accumuler de l'expérience, à se former auprès d'autres  photographes qu'il sont devenus si talentueux.  Alors pourquoi attendre que le talent nous tombe dessus avant tout simplement de se mettre à travailler? 

Je n'ai pas pour ambition de devenir une des meilleures, ce n'est pas du tout mon objectif. J'ai l'ambition d'acquérir les compétences et l'expérience nécessaires pour réaliser des photographies dont je serai fière. J'ai plus évolué en 1 an qu'en 8 ans. Tout simplement parce que j'ai réalisé de plus en plus de séances et que chacune d'entre elles m'ont appris des choses sur la lumière, la gestion de mon boitier, le déroulé de la séance, les petits trucs et astuces, l'organisation en amont... Chaque séance me fait progresser.


Alors lancez-vous! Osez! Et devenez qui vous souhaitez.

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